đŹ Newsletter fĂ©vrier 2026 â âParoles, parolesâŠâ
La chanson de Dalida avec Alain Delon dĂ©nonçait lâĂ©cart entre les promesses et la rĂ©alitĂ©.
En 2026, face Ă la mise en Ćuvre de la Convention dâIstanbul pour protĂ©ger les enfants exposĂ©s Ă la violence domestique, le sentiment est le mĂȘme :
Des déclarations.
Des engagements.
Des rapports.
Des standards.
Mais pour les enfants exposés à la violence dans le couple parental ?
Trop souvent, des paroles.
Dans cette nouvelle newsletter, nous analysons notamment :
đ Le postulat de Jessica Jaccoud demandant la mise en Ćuvre effective de lâart. 31 de la Convention dâIstanbul
đ Les rapports dâexpert·e·s successifs restĂ©s sans suite concrĂšte
âïž Les enjeux du dĂ©bat parlementaire Ă venir
đ Notre Ă©tude basĂ©e sur des cas rĂ©els, montrant que la violence est encore trop souvent minimisĂ©e dans les dĂ©cisions de garde et de droit de visite
đ Ă lire ici : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202602_FR.pdf
Version DE : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202602_DE.pdf

Notre newsletter de janvier est en ligne.
En ce dĂ©but dâannĂ©e, elle invite Ă prendre un pas de recul sur la tradition des bonnes rĂ©solutions et Ă questionner ce quâelles signifient rĂ©ellement lorsquâil sâagit de lutter contre les violences domestiques et de protĂ©ger durablement les enfants et les victimes-survivantes.
đ Au sommaire notamment :
⹠Janvier, la période des bonnes résolutions
⹠Et alors⊠? KidsToo⊠?
âą La gueule de bois et les excĂšs de table 2025
⹠Les résolutions pour 2026
đ Ă lire ici :
https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202601_FR.pdf
Nous vous souhaitons une excellente lecture et vous remercions par avance pour vos retours, remarques et partages.
đą Article 55a CP : pensĂ© pour protĂ©ger, mais dans les faitsâŠfonctionne au dĂ©triment des victimes
Lâarticle 55a du Code pĂ©nal, introduit puis rĂ©visĂ© en 2020, avait pour ambition affichĂ©e de renforcer la protection des victimes de violence.
Mais lorsque lâon connaĂźt les mĂ©canismes de la violence domestique, on rĂ©alise que cet article produit lâeffet inverse : il offre aux auteur·e·s des possibilitĂ©s de sortir des procĂ©dures sans vĂ©ritable consĂ©quence.
Câest ce que nous analysons en profondeur dans la Newsletter KidsToo â Novembre 2025, derniĂšre Ă©dition de lâannĂ©e.
đ Au sommaire :
⹠Comment le 55a CP nie la réalité de la violence domestique
âą Pourquoi il ignore totalement le contrĂŽle coercitif
âą En quoi son application entre en contradiction avec la Convention dâIstanbul, notamment concernant les enfants, victimes Ă part entiĂšre
⹠Un rappel clair des infractions du Code pénal liées à la violence domestique
⹠Les dérives possibles : stabilisation illusoire, classement facilité, schémas de violence non pris en compte
đ Lire la newsletter ici : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202511_FR.pdf

đ Via sicura a sauvĂ© des vies sur nos routes.
đ Et si on appliquait la mĂȘme logique Ă nos foyers ?
la Suisse a prouvĂ© quâelle pouvait transformer un problĂšme complexe tel que la sĂ©curitĂ© routiĂšre en succĂšs collectif.
Mais Ă la maison, la violence domestique continue dâaugmenter.
Dans sa derniĂšre newsletter, KidsToo explore comment sâinspirer de Via sicura pour bĂątir un âDomum sicurumâ, oĂč chacun serait enfin en sĂ©curitĂ© chez soi.
đ Au sommaire :
- Le domicile familial, un endroit sûr en Suisse ?
- Via sicura, un modÚle de réussite en matiÚre de prévention et de contrÎle.
- Quelles mesures transposer pour un âDomum sicurumâ :
- Prévention de la récidive et protection accrue des victimes
- Application rigoureuse des rĂšgles existantes
- Répression des délits graves
- âInfrastructuresâ judiciaires et sociales adaptĂ©es
- Amélioration de la statistique et du suivi des cas
- KidsToo â whatâs new ?
- Ătude SUPSI sur les enfants exposĂ©s Ă la violence
- Argumentaire contre la garde alternée par défaut
- Nouveaux rapports sur la protection de lâenfant et la violence domestique (2009â2024)
đ Ă lire ici : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202510_FR.pdf


đŁ đĄđČđđđčđČđđđČđż đđ¶đ±đđ§đŒđŒ â đđđ¶đčđčđČđ đźđŹđźđ±
« đŸđđđđđŻ đđ đđ€đŁđ©đ§ĂŽđĄđ đđ€đđ§đđđ©đđ đŠđȘđ đđ đŁđ đšđđȘđ§đđđš đ«đ€đđ§ ! »
Au programme de ce numéro :
đč MoliĂšre face au Conseil fĂ©dĂ©ral
đč Le contrĂŽle coercitif : comparaisons entre lâĂcosse, lâAustralie (Queensland) et la Suisse
đč Analyse du droit suisse : code pĂ©nal, code civil et droit de la famille
đč Une proposition : vers une “Via sicura” pour le domicile familial ? Un “Domum sicurum” ?
đč Lectures recommandĂ©es
đč Les actualitĂ©s de KidsToo
đ Ă lire ici : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202507_FR.pdf
Vos retours, remarques et partages sont toujours les bienvenus !
𧥠Merci pour votre engagement à nos cÎtés.

La derniÚre édition de notre newsletter est en ligne
« Le contrĂŽle coercitif : KĂ©sako ? Mais jâai entendu parler des pervers narcissiques !
Au sommaire ce mois-ci :
- Une clarification du concept de perversion narcissique tel que pensé par Racamier, et son usage populaire.
- Un parallÚle argumenté entre perversion narcissique et contrÎle coercitif, avec un tableau comparatif inédit.
- Un plaidoyer pour lâintroduction du contrĂŽle coercitif dans le Code pĂ©nal ET le Code civil suisses, dans la lignĂ©e de la motion 25.3062 de la ConseillĂšre nationale Jacqueline de Quattro.
- Nos recommandations de lecture autour de ces enjeux.
đ Ă lire, partager et discuter : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202505_FR.pdf
deutsche Version : https://www.kidstoo.ch/app/uploads/K2NL_202505_DE.pdf
Le terme “homicide” vient du latin homo, qui signifie “homme” au sens gĂ©nĂ©rique. Pourtant, toutes les victimes ne sont pas des hommes. Dans la version allemande du Code pĂ©nal suisse, on parle de Tötung (mise Ă mort), une approche neutre qui pourrait inspirer une rĂ©forme.
âĄïž Pourquoi ne pas adopter une terminologie plus inclusive ?
âĄïž Comment mieux protĂ©ger les victimes de violences liĂ©es au genre ?
Une proposition : intégrer un article 112a pour reconnaßtre explicitement ces crimes et éviter les réductions de peine injustifiées.
Découvrez notre derniÚre newsletter sur le sujet: https://www.kidstoo.ch/feminicide-humanicide-genricide/
Version DE: https://www.kidstoo.ch/de/feminizid-humanizid-genozid/
La newsletter de février 2025 est disponible ici.
Le contrÎle coercitif rentre dans le code pénal français
Lâamendement adoptĂ© en France en janvier de cette annĂ©e dĂ©finit le contrĂŽle coercitif comme tel «propos ou comportements rĂ©pĂ©tĂ©s ou multiples, portant atteinte aux droits et libertĂ©s fondamentaux de la victime, ou instaurant chez elle un Ă©tat de peur ou de contrainte dĂ» Ă la crainte dâactes exercĂ©s directement ou indirectement sur elle-mĂȘme ou sur autrui, que ces actes soient physiques, psychologiques, Ă©conomiques, judiciaires, sociaux, administratifs, numĂ©riques, ou de toute autre nature».
Un code pénal suisse non inclusif ?
On trouve dans les versions française, italienne et anglaise le terme dâhomicide dont lâorigine latine se rapport Ă lâhomme. Dans la version allemande, il nây a pas de rĂ©fĂ©rence que ce soit Ă lâhomme (Mann, mĂ€nnlich) ou Ă lâhumain (Mensch). Le terme utilisĂ© en allemand est « Tötung » qui pourrait ĂȘtre traduit dans le code pĂ©nal en français par « Mise Ă mort », en italien par « Uccidere » et en anglais par « Killing ».
Lâavantage des formulations non-genrĂ©es proposĂ©es pour les versions FR, IT et EN serait de supprimer toute rĂ©fĂ©rence Ă un genre spĂ©cifique.
Nouvel article 112a CP
Le fait dâutiliser les termes proposĂ©s ci-dessus pourrait :
- Permettre dâinscrire une infraction pour les mises Ă mort liĂ©es aux genres ou Ă
lâencontre de sa/son conjoint.e/partenaire ou ex-conjoint.e/partenaire par un
nouvel article 112a. - EmpĂȘcher les auteur.e.s de mise Ă mort dans le cadre de la violence domestique ou
de crime dâhonneur dâinvoquer lâart. 113 pour diminuer la peine encourue.
Une esquisse de la formulation de ce nouvel art. 112 a CP est proposée.
Cette newsletter traite aussi de:
– Les lectures du mois
– KidsToo – What’s new
La newsletter de novembre est disponible ici
1’329 ou plus de 93’000 victimes mineures en 2023?
Selon la statistique policiĂšre de la criminalitĂ©, il y a eu 1’329 victimes mineures en 2023. Un chiffre qui a presque triplĂ© depuis 2009 (513).
Mais si:
On prend en compte les enfants prĂ©sents dans un foyer oĂč la police intervient pour de la violence conjugale, le nombre d’enfants s’Ă©lĂšve Ă plus de 6’600.
On utilise notre estimation des chiffres cachĂ©s de la violence domestique, le nombre d’enfants victimes se situerait alors entre 20’000 et 36’600.
On se rĂ©fĂšre Ă la prĂ©valence sur 12 mois de violence physique, sexuelle et psychique d’une Ă©tude publiĂ©e en 2023, le nombre de victimes mineures serait supĂ©rieur Ă 62’000.
On intĂšgre les violences sociale et Ă©conomique de cette Ă©tude, le nombre de victimes mineures dĂ©passe les 93’000!
Les enfants victimes institutionnelles?
Comme les adultes, une partie de ces enfants sont aussi des victimes des institutions, aussi bien fédérales que cantonales, pénales que civiles.
Au niveau pĂ©nal, il nây a pas dâarticle spĂ©cifique Ă la violence domestique. Le Conseil fĂ©dĂ©ral, sâil est dâavis qui faut lutter contre la violence domestique de façon dĂ©cidĂ©e, vient de dĂ©conseiller un tel ajout.
Mais la violence domestique ne sâexerce pas uniquement par des comportements uniques, ponctuels sanctionnĂ©s par le code pĂ©nal actuel. Dans sa forme « ultime » avant le fĂ©minicide/ homicide, la violence domestique nâest plus exercĂ©e par des actes individuels mais selon un systĂšme continu communĂ©ment appelĂ© le contrĂŽle coercitif.
Le contrĂŽle coercitif utilise principalement des moyens qui ne sont pas pris en compte pĂ©nalement. Ces actes de contrĂŽle, si on les regarde individuellement, semblent anodins, acceptables ou normaux socialement. Ce systĂšme est mis en Ćuvre au quotidien par lâauteur.e Ă lâencontre de son conjoint et des enfants pour sâen assurer le contrĂŽle. Il met les victimes dans un Ă©tat de tension permanent et porte atteinte Ă sa libertĂ©. Lâauteur.e devient la personne la plus importante pour la victime et les enfants. Il porte atteinte aux droits fondamentaux de la victime.
Parmi ces actes de contrÎle, on peut mentionner :
– Le contrĂŽle sur les tĂąches mĂ©nagĂšres Ă faire et comment les effectuer, les horaires pour les rĂ©aliser.
– Des horaires de rentrĂ©e et du rythme de la vie quotidienne.
– Lâimposition de la tenue vestimentaire, de la coiffure et/ou du maquillage lors de sortie.
– Le contrĂŽle et/ou lâaccaparement des ressources ou du patrimoine de la victime.
– Les sorties sont soumises Ă autorisation (ou pas), lâauteur.e peut imposer sa prĂ©sence.
– Les contacts avec les ami.e.s ou la famille sont « dĂ©conseillĂ©s » pour Ă©loigner la victime de son cercle social.
– Des contacts frĂ©quents imposĂ©s pour savoir oĂč la victime se trouve (par tĂ©lĂ©phone, ou vidĂ©o), si elle a bien respectĂ© le planning.
– Des propos en lien avec la jalousie (lâauteur.e pense que la victime est toujours en train de le/la tromper).
– Des humiliations et des rabaissements.
– LâimprĂ©visibilitĂ© du comportement de lâauteur.e.
– Lâinversion de la culpabilitĂ© en reportant systĂ©matiquement la responsabilitĂ© sur la victime.
Lorsque la victime se dĂ©cide Ă porter plainte, les « officiels » (centres LAVI, police, avocat) ne pourront que lui faire prendre conscience que, hormis les derniers actes de violence « classique », ce quâelle a subi et subit encore, lâatteinte Ă sa libertĂ© et Ă sa personne ne seront pas pris en compte par la justice pĂ©nale. Lâauteur.e restera impuni pour une grande partie des souffrances occasionnĂ©es.
En cas de premiĂšre plainte pour violence domestique, le systĂšme pĂ©nal suspendra trĂšs probablement la procĂ©dure, ce qui donnera le temps nĂ©cessaire Ă lâauteur.e pour reprendre le contrĂŽle sur sa victime par la poursuite des agissements non condamnĂ©s pĂ©nalement. La procĂ©dure finira par ĂȘtre classĂ©e pĂ©nalement soit par le ministĂšre public ou le tribunal soit parce que la victime perd confiance dans un systĂšme qui, selon son analyse des risques quâelle encourt, ne la protĂšge pas de lâauteur.e.
Cette newsletter traite aussi de:
– Les lectures du mois
– KidsToo – What’s new
La newsletter de juillet est disponible ici.
Le contrĂŽle coercitif
Lâorigine de la notion du contrĂŽle coercitif remonte Ă la guerre de CorĂ©e et Ă lâincomprĂ©hensible « collaboration » des prisonniers de guerre amĂ©ricains avec lâennemi. Le sociologue Albert Biderman a Ă©laborĂ© en 1957 les principes portant son nom pour illustrer les mĂ©thodes de torture chinoises et corĂ©ennes sur les prisonniers de guerre amĂ©ricains pendant la guerre de CorĂ©e. Ces mĂ©thodes sont :
- Isoler la victime,
- Monopoliser la perception,
- Induire lâĂ©puisement,
- Présenter des menaces,
- Montrer des indulgences occasionnelles,
- DĂ©montrer la toute-puissance et lâomniscience du ravisseur,
- Dégrader la victime et
- Exiger des actions stupides et insensées.
Le terme de « terrorisme intime » a Ă©tĂ© utilisĂ© en 1996 par M.-P. Johnson dans la problĂ©matique de la garde des enfants lorsque la violence domestique nâest pas « simplement » de la violence de situation.
L’approche pĂ©nale en Suisse
En Suisse, la violence conjugale-domestique est traitĂ©e par le code pĂ©nal comme des infractions isolĂ©es et les enfants ne sont pas pris en compte. Notre systĂšme pĂ©nal ne veut pas, ne peut pas voir la cage dans laquelle la victime et les enfants sont emprisonnĂ©s par lâauteur.e.
De plus, les consĂ©quences pour les auteur.e.s sont de si peu dâimportances (classement aprĂšs une suspension de procĂ©dure pĂ©nale, peine pĂ©cuniaire, Ă©ventuellement privation de libertĂ© mais sursis gĂ©nĂ©ralement) et tellement dĂ©calĂ©es dans le temps (de par la lenteur de la procĂ©dure) que cela renforce son sentiment dâimpunitĂ© tandis que pour la/les victime(s) câest confirmation de la toute-puissance et de lâomniscience de lâauteur.e [point f) ci-dessus].
L’approche civile en Suisse
Le « systĂšme » civil (justice civile et/ou APEA en premiĂšre ligne) fait de mĂȘme, voire se fait parfois lâauxiliaire de lâauteur.e, en ne voulant pas prendre en compte la cage dans laquelle les victimes sont enfermĂ©es (voir les lectures du mois, « Offres de soutien et mesures de protection pour les enfants exposé·e·s Ă la violence dans le couple parental », pages 169-172). Le systĂšme maintient, favorise, le contact de lâauteur.e avec les enfants et par ce biais son contrĂŽle aussi bien sur les enfants que sur la victime adulte. Cette maniĂšre dâagir au niveau civil est un non-respect de la Convention dâIstanbul (art. 31) entrĂ©e en vigueur en Suisse depuis le 1er avril 2018. Si la victime argumente contre ces contacts avec le systĂšme, celui-ci lâaccuse par exemple de non-coparentalitĂ©.
Cette newsletter traite aussi de:
– Les lectures du mois
– KidsToo – What’s new