contrôle coercitif post-séparation

La séparation met-elle fin aux violences conjugales ? 🛑

Contrairement aux idées reçues, la réponse est non. Pour de nombreuses femmes, la rupture marque le début d’une nouvelle phase de violence invisible et redoutable : le contrôle coercitif post-séparation.

En s’appuyant sur une enquête sociologique qualitative menée auprès de 40 mères de famille, les chercheurs Pierre-Guillaume Prigent et Gwénola Sueur décodent les rouages d’un système qui maintient l’emprise, souvent avec la complicité involontaire des institutions

On retient ces quelques points :

1️⃣ Le contrôle coercitif, une stratégie globale de domination. C’est une stratégie calculée mêlant intimidation, isolement, dévalorisation et contrôle des ressources. Ce climat de peur constante contraint la victime à plier sous peine de représailles.

2️⃣ L’injonction à la coparentalité, ce piège judiciaire. L’autorité parentale conjointe devient l’outil privilégié de l’agresseur pour maintenir sa surveillance et son pouvoir. Lorsqu’une mère dénonce les violences pour protéger ses enfants, la situation est trop souvent réduite par les tribunaux à un simple « conflit parental » dont la responsabilité serait partagée.

3️⃣ L’arme de « l’aliénation parentale » Cette pseudo-théorie, scientifiquement infondée et historiquement diffusée en France par les mouvements de défense des pères depuis 1969, sert à occulter la violence masculine. Accuser une mère d’aliénation parentale (ce qui arrive dans 7 à 8 cas sur 10 en cour d’appel) permet de disqualifier sa parole. Dans un tiers des situations étudiées, cela conduit au transfert de la résidence de l’enfant chez le père agresseur.

4️⃣ L’impasse législative de 2025. Le Sénat français a refusé de créer une infraction autonome de « contrôle coercitif », craignant une censure constitutionnelle face à un concept jugé trop sociologique. À la place, les éléments du contrôle ont été intégrés à la définition du harcèlement au sein du couple. Un choix qui fait craindre à plusieurs spécialistes et parlementaires un risque de « retournement » de la loi contre les victimes elles-mêmes.

5️⃣ Une recherche scientifique sous haute tension. Travailler sur ces sujets expose les sociologues à des menaces, de la diffamation et à une exclusion de certains espaces scientifiques. Cette entrave à la liberté académique freine l’intégration de données rigoureuses dans l’élaboration des politiques publiques et de la formation des magistrats.

Pour voir leur présentation : https://www.youtube.com/watch?v=vmJrXR_Ejmw